Held in Your Hand

Epilogue

L’appartement sentait… bizarre.

Je restai immobile dans l’encadrement de la cuisine, en essayant d’identifier l’odeur.

Quelque chose entre la tomate brûlée, le fromage trop chauffé et un léger parfum de… plastique.

Je levai un sourcil.

— Lyralda ?

Sa voix arriva immédiatement depuis la cuisine.

— Oui ?

— Question simple.

Je m’avançai vers la casserole.

— Tu m’expliques pourquoi il y a du plastique fondu dans ta sauce ?

Elle se tourna vers moi, une cuillère en bois à la main.

Son expression était parfaitement sérieuse.

— C’est probablement un détail technique.

Je regardai la casserole.

Puis le couvercle posé sur le plan de travail.

Puis le morceau de spatule déformé à côté.

Je croisai les bras.

— Tu as fait fondre… la spatule ?

— Je n’ai pas fait fondre l’ustensile.

Elle pointa la casserole avec la cuillère.

— Il a décidé de participer activement à la recette.

Je la fixai une seconde.

Puis j’éclatai de rire.

Un vrai rire.

Celui qui arrive sans réfléchir.

Elle leva les yeux au ciel.

— C’est pas drôle !

— Si.

Je m’approchai pour regarder la sauce.

— C’est même tragiquement drôle.

Je pris une cuillère pour goûter.

La grimace arriva immédiatement.

— Mon dieu.

— C’est mauvais ?

— Il y a du plastique.

Elle soupira.

— J’essaie d’apprendre.

Je posai la cuillère.

— Tu sais que tu vis avec quelqu’un qui cuisine très bien ?

— Oui.

Elle croisa les bras.

— Mais je refuse de dépendre d’un homme pour survivre.

Je souris.

— Tu dépends déjà d’un homme pour manger. Ou de plats surgelés.

Elle fronça les sourcils.

— Pardon ?

Je pointai la casserole.

— Si je ne suis pas là, tu t’empoisonnes.

Elle me donna un petit coup d’épaule.

— T’es insupportable.

Je haussai les épaules.

— Pas autant que ton plat.

Elle me regarda.

Puis elle sourit.

Un sourire qui n’avait plus rien de la distance d’autrefois.

— C’est vrai.

Elle s’approcha.

Ses mains glissèrent autour de ma taille.

— Et toi, tu souris plus aussi.

Je haussai légèrement un sourcil.

— C’est ta faute.

— Évidemment.

Elle posa son front contre le mien.

— Tu sais que t’as changé ma vie ?

Je restai silencieux une seconde.

Pas parce que je ne savais pas quoi répondre.

Parce que je prenais le temps de sentir la phrase.

La cuisine.

La lumière du soir.

Sa respiration contre la mienne.

Je murmurai :

— Moi aussi.

Puis j’ajoutai :

— Sauf que moi, je n’ai pas fait fondre d’ustensile.

Elle leva les yeux au ciel.

— Prépare quelque chose alors. Il est encore tôt.

Je haussai les épaules.

— Ça me va.

Je me dirigeai vers le four.

— Dans ce cas, on mange lasagnes.

La vie avait continué.

Pas d’une manière spectaculaire.

Juste… normalement.

Le travail aussi.

Jade était redevenue elle-même : quelques piques, des blagues, et parfois on mangeait ensemble le midi.

Et c’était très bien comme ça.

À la fac, Aïcha et moi avions trouvé une distance étrange mais paisible. On se saluait, parfois on discutait un peu.

Quelque chose avait changé.

Pas de rancune.

Peut-être une amitié.

Et puis il y avait Lyralda.

Toujours directe.

Toujours impossible.

Mais différente.

Ou peut-être que c’était moi qui avais changé.

Les lasagnes enfournées, je me tournai vers elle.

Elle s’était assise sur le plan de travail.

Je m’approchai.

Je me glissai entre ses jambes.

Elle passa ses bras autour de mon cou.

Ses yeux brillaient légèrement.

— Eliott.

— Oui ?

Elle me regarda comme si la réponse avait toujours été évidente.

— Je t’aime.

Elle haussa une épaule.

— Et j’ai aucune honte de le dire.

Je la regardai.

Vraiment.

Ces mots ne me donnaient pas envie de fuir.

Je répondis simplement :

— Moi aussi.

Petite pause.

Puis j’ajoutai doucement :

— Je t’aime.




Prenez le temps de grandir ♥︎


Ah oui.

Et votre recette.

Je ne l’ai pas oublié !

C’est cadeau.


Recette de lasagne manuscrite
Recette de lasagne manuscrite