Le bruit d’à côté · Chapitre 23 · 24/27
Chapitre 23 — La bonne légende
La première phrase était toujours là.
Je dessine des lieux calmes, mais je ne les vois pas comme des lieux vides.
Elle n’était pas élégante. Elle avait ce côté raide des gens qui entrent dans une pièce en faisant attention à ne rien toucher.
Pourtant, je ne l’avais pas supprimée.
Je restai devant l’écran, les mains près du clavier. Eugène dormait sur le canapé. Lapin mâchait quelque chose dans son coin avec une discrétion exemplaire.
Je relus la phrase.
Elle tenait. Un peu.
Pas assez.
Je descendis dans le document.
« Une table, une fenêtre, un couloir ou un studio gardent souvent plus de traces qu’ils n’en ont l’air. Des gestes y passent. Des habitudes s’y déposent. Une présence peut rester dans une tasse, une chaise déplacée, une lumière sur le sol. »
Cette partie ressemblait à mes images.
Pas à moi en train d’essayer d’avoir l’air intelligent devant des gens qui buvaient du vin blanc dans des gobelets transparents.
Progrès important.
Puis venait :
« Mon travail ne cherche pas à montrer un enfermement. Il regarde plutôt la manière dont on habite un endroit, parfois discrètement, parfois avec très peu de choses. Le calme n’y est pas une absence. Il est une façon de laisser les traces apparaître. »
Je lus à voix basse.
Erreur.
À l’écrit, les phrases semblaient presque acceptables. Dans l’air, elles entraient avec leurs chaussures sales.
Eugène leva la tête.
— Ce n’était pas pour toi.
Il cligna lentement des yeux, puis se rendormit.
Très bien.
Critique littéraire indifférent.
Je sauvegardai et créai une nouvelle version.
Version 4 semi final.
Mon processus inspirait une confiance limitée.
Je relus les premières tentatives.
« Mon travail interroge la domesticité comme espace paradoxal de retrait et de persistance. »
Non.
Cette phrase devait être emmenée loin dans une forêt, puis abandonnée avec un peu d’eau.
Je supprimai.
« À travers des compositions silencieuses, je cherche à faire émerger la poétique discrète du quotidien. »
Poétique discrète.
Très grave.
Je supprimai aussi.
La troisième version commençait par nier l’enfermement, la solitude forcée et une génération coupée du monde. On aurait dit une personne entrant dans une réunion en déclarant immédiatement :
— Je ne suis pas coupable.
Mauvaise stratégie.
La colère n’était pas fausse. Seulement mal placée.
Je ne voulais pas que mon texte soit une réponse au mauvais texte. Je voulais qu’il tienne sans lui.
Nuance insupportable.
J’ouvris les images en grand sur l’autre partie de l’écran.
La table. La fenêtre. Le couloir. La chaise. Le rebord où une plante penchait vers la lumière.
Des choses ordinaires. Pas assez spectaculaires pour se défendre seules si quelqu’un leur collait une mauvaise phrase sous le nez.
Je zoomai sur le dessin du couloir. Un trait de lumière venait d’une porte entrouverte. On ne voyait personne. On devinait seulement que quelqu’un avait traversé.
Ou allait traverser.
Ou vivait là sans être obligé d’apparaître pour prouver qu’il existait.
Je pensai à Liora sur le banc du stade.
« Tu refusais d’avancer dans une phrase qui te tordait la cheville. »
Elle avait mieux formulé par accident une chose que je savais déjà, ce qui restait très vexant.
Mon téléphone vibra.
« Je respecte officiellement ton processus et je n’écris pas « alors ? » toutes les dix minutes. Je veux que cette maturité soit reconnue. »
Je souris.
Reconnaissance officielle accordée. Niveau remarquable.
« Tu veux que je lise ? » demanda-t-elle.
Le message resta à l’écran.
Pas « envoie ». Pas « je vais t’aider ».
Tu veux.
Je pourrais lui envoyer. Elle dirait probablement quelque chose d’intelligent. Ou de trop direct. Les deux étaient possibles.
Je regardai le document.
« Pas encore. »
« D’accord. Je vais lutter contre moi-même en silence. Enfin, en relatif silence. »
Je soufflai un rire.
Elle avait accepté sans se vexer, sans entrer, sans vouloir faire à ma place.
Petit geste.
Énorme.
Je repris le clavier.
« Je dessine des lieux calmes, mais je ne les vois pas comme des lieux vides. »
Le « mais » plaçait déjà la phrase en défense, comme si le vide était l’accusation naturelle.
Je le supprimai.
« Je dessine des lieux calmes. Je les regarde comme des espaces habités, même lorsque personne n’apparaît dans l’image. »
Mieux.
Je continuai.
« Une table, une fenêtre, un couloir ou un studio gardent les traces de gestes très ordinaires. Une chaise déplacée, une tasse, une lumière sur le sol, un rideau entrouvert : ces détails indiquent une présence sans la montrer directement. »
Deux points. Liste. Très propre.
Ça allait.
« Cette série ne parle pas d’enfermement. Elle s’intéresse à des espaces choisis, à des refuges modestes, à des habitudes qui se répètent et construisent une manière d’habiter. Le calme n’y est pas une absence. Il permet de voir ce qui reste. »
Je lus à voix basse.
Cette fois, je n’eus pas envie de quitter mon propre corps.
Signe encourageant.
Je travaillai encore. Je coupais les mots qui avaient trop envie d’être remarqués.
« Domesticité » devint « lieux ».
« Présence résiduelle » devint « ce qui reste ».
« Temporalité suspendue » disparut, avec soulagement général.
La note finit par tenir en un bloc court.
Huit cent quatre-vingt-dix signes.
J’avais compté.
Évidemment.
Je la relus.
« Je dessine des lieux calmes. Je les regarde comme des espaces habités, même lorsque personne n’apparaît dans l’image. Une table, une fenêtre, un couloir ou un studio gardent les traces de gestes très ordinaires. Une chaise déplacée, une tasse, une lumière sur le sol, un rideau entrouvert : ces détails indiquent une présence sans la montrer directement.
Cette série ne parle pas d’enfermement. Elle s’intéresse à des espaces choisis, à des refuges modestes, à des habitudes qui se répètent et construisent une manière d’habiter. Le calme n’y est pas une absence. Il permet de voir ce qui reste. Je cherche moins à montrer des corps qu’à dessiner les endroits où leur passage continue d’exister. »
Je restai devant quelques secondes, puis pris mon téléphone.
« Tu veux lire ? »
La réponse arriva immédiatement.
« Oui. Attends, je prends une posture de lectrice responsable. C’est bon. J’ai l’air insupportable. Envoie. »
Je copiai la note.
Mon pouce hésita. La montrer à Liora n’était plus la même exposition. Elle avait vu le studio, la table, la tasse, le plaid, la guitare. Elle savait que le calme n’était pas un décor.
J’envoyai.
Les trois points apparurent. Disparurent. Réapparurent.
Très mauvais système.
Je posai le téléphone. Puis le repris immédiatement.
Toujours rien.
Le téléphone vibra.
« Là, je te reconnais. »
Je restai immobile.
Pas « c’est magnifique ». Pas « tu as gagné ».
Là, je te reconnais.
Une seconde plus tard, elle ajouta :
« Et je reconnais les images. Elles ne sont pas en train de s’excuser. Toi non plus. »
Je regardai le message, puis l’écran, puis mes mains. Une chaleur basse monta dans ma poitrine. Quelque chose se posait.
« Merci. Vraiment. »
« De rien. Vraiment aussi. Je ne propose aucune virgule. Admire ma retenue. »
Je souris.
Elle ajouta :
« Bon, il y en a une que j’aurais déplacée, mais je me tais par amour du progrès. »
Je fixai le mot.
Amour.
Formule. Humour. Respiration.
« Ta maturité est fragile. »
« Ma cheville aussi. On fait avec. »
Le téléphone vibra de nouveau.
Mathilde appelait.
Ah.
Donc nous étions là.
Mon cœur se redressa comme un employé surpris pendant une fausse pause.
Je laissai sonner deux fois, puis décrochai.
— Bonjour Aurèl, c’est Mathilde. Je ne te dérange pas ?
— Pas du tout.
Mensonge.
Elle me dérangeait énormément. Existentiellement.
— Je voulais faire un point au sujet de ton mail et de la note d’intention. J’ai relu ton message, et je comprends mieux ce qui te gênait. Le texte général était peut-être un peu trop englobant.
Très belle manière de dire qu’il gobait mon travail sans mâcher.
— D’accord.
— Il faut quand même garder une cohérence pour la section. On ne pourra pas supprimer totalement l’angle autour de la génération, du retrait et de l’espace domestique. Ça fait partie du projet.
— Je comprends la cohérence générale. Je ne demande pas que tout soit réécrit autour de moi.
Elle sembla soulagée.
Je continuai avant que ce soulagement ne referme la porte.
— Par contre, je ne veux pas que ma série soit présentée comme un travail sur l’enfermement. Ça oriente trop le regard. Je ne contrôle pas tout ce que les gens liront dans les pièces, mais je veux que la première phrase sous mon nom ne dise pas le contraire de ce que j’ai fait.
Un silence.
Assez pour que mon système nerveux organise une cellule de crise.
— Oui, dit Mathilde. C’est clair.
Deux mots.
Pas « c’est compliqué ».
C’est clair.
Je me redressai.
— Et ta note ? Tu as quelque chose ?
— Oui.
— Tu peux me l’envoyer après l’appel ?
Je regardai le texte.
— Je peux même te la lire.
Pourquoi avais-je proposé ça.
Lire ses propres phrases au téléphone. Activité interdite par toutes les conventions de protection personnelle.
— Bien sûr, répondit Mathilde.
Trop tard.
Je pris une inspiration et lus.
Lentement. Pas trop.
J’entendis la table, la fenêtre, le couloir, les refuges modestes et ce qui reste sortir dans le studio pour quelqu’un qui allait peut-être les placer près de mes images.
Quand je terminai, Mathilde ne répondit pas tout de suite.
Je détestai de nouveau le silence.
— C’est bien, dit-elle enfin. C’est simple, ça situe ton travail sans le fermer. Je vois comment l’intégrer.
Je notai mentalement « sans le fermer » et choisis de ne pas devenir insupportable.
Effort.
— Ça peut remplacer le paragraphe actuel ?
— Celui qui t’est consacré, oui. On ajustera peut-être la longueur pour le format, pas le fond. Pour le cartel, je verrais bien une version très courte de ta phrase sur les espaces habités et les traces.
— D’accord.
Le mot sortit trop vite. Je repris :
— Je veux relire la version avant validation.
— Oui, évidemment.
Ma main ne tremblait presque pas.
— Merci.
— Tu as bien fait de me le dire clairement.
Phrase étrange. Presque trop simple.
— J’avais peur que ça complique tout, avouai-je.
Très malin.
Mathilde eut un petit rire.
— Ça complique un peu. Pour mon planning, surtout. Mais c’est ton travail. Et aussi le mien.
Je baissai les yeux.
C’est ton travail.
Oui.
— Je t’envoie la note tout de suite.
— Parfait. Je te renvoie une proposition demain.
Je raccrochai.
Eugène sauta sur le bureau et posa une patte sur la feuille imprimée de la première version.
— Celle-là, tu peux.
Il s’assit dessus.
Très bien.
Avis éditorial rendu.
Le silence revint. Pas vide.
Encore cette nuance.
Je venais de lire mon texte à Mathilde sans mourir, sans faire annuler l’exposition et sans qu’un comité secret me déclare artiste difficile.
Enfin, le comité se réunissait peut-être plus tard.
Je copiai la note dans un mail, demandai à relire le cartel avant validation et envoyai.
Message envoyé.
Ces deux mots étaient moins cruels cette fois.
J’écrivis à Liora :
« Elle va remplacer le paragraphe consacré à ma série. Je relirai avant validation. »
« C’est vraiment bien », répondit-elle. Puis : « Tu l’as dit. »
Ces trois mots restèrent.
Pas « tu as gagné ». Pas « ils ont accepté ».
Tu l’as dit.
« Oui. Ma voix n’a presque pas eu besoin d’évacuation médicale. »
« Très fière de cette voix survivante. »
Je pouvais accepter qu’elle soit fière de la voix.
Presque.
« Tu vas faire quoi maintenant ? » demanda-t-elle.
Je regardai le studio, les images, Eugène assis sur une ancienne version, Lapin qui sortait prudemment de son coin.
« Probablement rester cinq minutes sans modifier le texte. »
« Ambitieux. Je peux passer plus tard ? Pas pour corriger. Pour voir la version imprimée. Et peut-être voler une place sur le canapé. Médicalement. »
Je regardai le canapé. Le creux du coussin n’était plus visible.
Ou peut-être que si.
« Oui. Médicalement. »
« Excellent. Je marche toujours lentement, donc tu as le temps de paniquer. »
Je posai le téléphone.
Puis je restai réellement sans toucher au texte.
Quatre minutes et demie.
À peu près.
Je relus quand même la note, sans modifier.
C’était différent.
Laisser les phrases être imparfaites parce qu’elles étaient assez justes.
Le calme n’y est pas une absence.
Je ne pouvais pas empêcher quelqu’un de voir de la solitude, de l’enfermement ou de la tristesse. Les gens apportaient leurs propres pièces dans celles des autres. Le regard n’arrivait jamais vide.
Je pouvais seulement poser la première phrase.
La bonne légende.
Celle qui ouvrait au bon endroit.
Ça ne rendait pas le vernissage simple. Mon corps aurait probablement envie de disparaître derrière une plante au premier « j’aime beaucoup ce que vous faites ».
Mais il y aurait mes mots.
Un peu tremblants.
Assez droits.
J’allai jusqu’à l’imprimante. Elle fit un bruit très dramatique pour une seule feuille.
Le papier sortit tiède.
Quelques lignes. Pas un manifeste. Juste une manière de ne plus laisser mon travail entrer seul dans une phrase qui ne l’aimait pas.
On toqua.
Je sursautai.
Très digne.
Liora était déjà sur le palier, béquille sous le bras, chevillère visible, veste trop grande, cheveux attachés n’importe comment. Elle avait l’air contrariée par l’existence de la gravité.
Et contente d’être là.
— J’ai marché lentement, dit-elle.
— Faux.
— Selon mes nouveaux standards.
Son regard descendit vers la feuille.
— C’est elle ?
— Oui.
Elle ne tendit pas la main tout de suite.
— Je peux ?
Je lui donnai la note.
Elle entra et alla jusqu’au canapé avec sa béquille, en faisant moins semblant que tout était simple.
Ça aussi, je le remarquai.
Elle lut la note entière. Une fois.
Je restai debout jusqu’à comprendre que cela ressemblait à une méthode d’interrogatoire, puis m’assis sur la table basse.
Pas trop près.
Puis trop près.
Je décidai de ne pas bouger.
Chez Liora, le silence avait toujours quelque chose d’actif. Il ne remplissait pas le vide. Il le regardait.
Quand elle leva les yeux, elle ne souriait pas vraiment. Ou pas seulement.
— Là, dit-elle, on sait où regarder.
Une ancienne tension descendit en moi.
— C’est trop simple ?
— Non.
— Pas trop pauvre ?
— Aurèl.
Elle posa la feuille entre nous.
— Tu n’as pas besoin de faire plus grand pour que ça compte. C’est exactement ton travail. Les choses qui restent quand personne ne force la pièce à parler plus fort.
Je regardai la note.
— Tu vas devenir insupportable si je te laisse faire des phrases comme ça.
— Trop tard.
Elle sourit, puis grimaça en réajustant sa jambe.
— Ça va ? demandai-je.
Elle me regarda une seconde.
— Quatre.
Je m’arrêtai.
— Merci de ne pas avoir dit « ça va ».
— Tu vois, je progresse aussi.
— Athlète de la maturité.
— Discipline terrible.
Nous restâmes là, la note entre nous, Eugène à distance contrôlée, la lumière sur le tapis.
— Tu vas être nerveux au vernissage, dit-elle.
— Probablement de manière innovante.
— Tu voudras que je sois là ?
La question me prit au dépourvu parce que la réponse était trop évidente.
— Oui.
Elle hocha la tête.
— Pas pour te pousser.
Je la regardai.
— Je sais.
— Pour être là.
— D’accord.
Elle sembla satisfaite. Ou touchée.
Ou les deux.
Puis elle attrapa sa béquille.
— Je dois rentrer avant que mon père lance un avis de recherche pour personne blessée dans un rayon de huit mètres.
— Je t’accompagne ?
— Jusqu’à la porte. Il faut préserver un minimum de souveraineté territoriale.
Elle se leva lentement, la feuille à la main.
— Je peux la garder ?
— Pourquoi ?
— Pour la relire. Et pour ne pas déplacer de virgule.
— Tu as besoin d’un support matériel pour ne pas modifier un texte ?
— Chacun ses faiblesses.
Sur le seuil, elle leva la feuille.
— Tu as écrit la bonne légende.
— Ce n’est pas une légende. C’est une note d’intention.
— Je ne connais pas la différence.
— La légende est sous une image.
— Exactement. Tu as écrit ce qu’il fallait mettre sous les tiennes pour qu’on ne commence pas au mauvais endroit.
Je ne répondis pas.
— Et là, je ne corrige pas. Je constate.
— Merci.
— Vraiment ?
— Vraiment.
Elle se pencha et déposa un baiser très bref au coin de ma bouche.
Assez rapide pour rester elle.
Assez doux pour me rendre inutile plusieurs secondes.
— À plus tard, Aurèl.
Elle traversa le palier avec sa béquille, tenant ma note comme un document médical fragile. La porte d’en face s’ouvrit avant qu’elle toque.
Son père apparut.
Évidemment.
Il regarda Liora, la feuille, puis moi.
— Tout va bien ?
— Oui, dit-elle. Il a écrit un bon texte.
Son père hocha la tête, très sérieux.
— Et elle a marché lentement ?
— Relativement, répondis-je.
Liora me lança un regard scandalisé. Son père jugea la réponse acceptable et la laissa entrer.
Avant que la porte se referme, elle agita la feuille dans ma direction comme si elle avait remporté quelque chose.
Je retournai au bureau.
Le document était ouvert. Le mail envoyé. Il restait encore à relire, ajuster, valider, aller au vernissage, se tenir près des images, répondre à des gens et ne pas se cacher derrière une plante.
Beaucoup trop d’étapes.
Un nouveau mail arriva.
Mathilde confirmait qu’elle pouvait partir de cette base pour le cartel et le paragraphe consacré à la série. Elle m’enverrait la mise en forme le lendemain. Le fond lui paraissait juste, plus fidèle à mon travail.
Je lus. Puis relus.
Le fond me paraît juste.
Plus fidèle à ton travail.
Pas euphorique. Pas soudain transformé en homme capable de parler devant une salle.
Juste un peu plus droit, quelque part à l’intérieur.
Assez.
J’écrivis à Liora :
« C’est accepté. »
Elle répondit presque immédiatement.
« Je savais que tu pouvais le dire. »
Derrière le mur, j’entendis sa voix répondre à son père.
« Insupportable », tapai-je.
« Oui. Et ? »
Je souris, ce qui ruina légèrement la crédibilité de mon agacement.
Je posai le téléphone.
La page était encore là, sur l’écran.
Mes mots aussi.
Table des matières
- Prologue
- Chapitre 1 — Violation de territoire
- Chapitre 2 — Le père, le chat et moi
- Chapitre 3 — Allergie sélective
- Chapitre 4 — Récidive
- Chapitre 5 — Prétexte félin
- Chapitre 6 — Le lapin, et autres preuves
- Chapitre 7 — Ce qui reste après elle
- Chapitre 8 — Quatre cents mètres de trop
- Chapitre 9 — Les choses qu’on entend sans écouter
- Chapitre 10 — Le balcon ne compte pas comme une invitation
- Chapitre 11 — Questions de père
- Chapitre 12 — Ce qui reste dans les carnets
- Chapitre 13 — Deuxième tour
- Chapitre 14 — Presque
- Chapitre 15 — Une génération enfermée
- Chapitre 16 — Ce que tu appelles fuir
- Chapitre 17 — Retirer son nom
- Chapitre 18 — Eugène ne répond pas
- Chapitre 19 — Trop haut
- Chapitre 20 — Ne rien faire
- Chapitre 21 — Le lendemain existe quand même
- Chapitre 22 — Courir autrement
- Chapitre 23 — La bonne légende
- Chapitre 24 — Deux tours
- Fin
- Epilogue — Promener Eugène